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17/08/2026

Les publicités arrivent dans ChatGPT — et dans l’AI Mode

OpenAI a activé la publicité dans ChatGPT le 9 février 2026, et l’a ouverte à l’Europe en août. Google, de son côté, place déjà des annonces dans l’AI Mode. Deux inventaires publicitaires viennent de naître. Voici ce qu’ils changent, et ce qu’ils n’achètent pas.

Ce qui s’est passé le 9 février 2026

OpenAI a activé la publicité dans ChatGPT le 9 février 2026. La bascule était annoncée depuis des mois, et elle répond à une équation simple : une base d’utilisateurs gratuits massive, un coût d’inférence réel à chaque requête, et un modèle par abonnement qui ne couvre qu’une fraction de cette base.

Trois précisions qui déterminent tout le reste :

  • Qui voit les publicités. Les paliers Free et Go (8 $ par mois). Les abonnements Plus, Pro, Business, Enterprise et Education restent sans publicité. La cible n’est donc pas le décideur qui paie 20 $ par mois pour travailler : c’est le grand public.
  • Quand l’Europe a suivi. Le déploiement sur l’Espace économique européen a démarré en août 2026, pour les utilisateurs Free et Go.
  • Qui peut acheter. La plateforme en self-service est ouverte depuis mai 2026, et le minimum d’engagement de 50 000 $ a été supprimé. C’est le vrai basculement : l’inventaire est passé d’un produit réservé aux grands annonceurs à un canal accessible à une PME.

Pour situer l’enjeu côté OpenAI : les projections évoquées tablent sur environ 112 milliards de dollars de revenus non liés aux abonnements sur cinq ans. On ne construit pas une prévision de cet ordre pour un format discret et temporaire.

À quoi ressemble une publicité dans ChatGPT

Le format retenu est sobre, et c’est délibéré. Les annonces apparaissent dans des encarts clairement identifiés, légèrement teintés, sous la réponse — jamais à l’intérieur. OpenAI affirme que la publicité n’influence pas le contenu de la réponse elle-même.

Cette séparation est la contrainte fondatrice du produit : un assistant dont on soupçonne les réponses d’être achetées perd l’essentiel de sa valeur. Elle a une conséquence directe pour vous, et c’est le point le plus important de cet article : la publicité ne permet pas d’acheter sa place dans une réponse. Elle permet d’acheter une place à côté.

La tarification retenue est un coût par engagement (CPE) : vous payez quand l’utilisateur interagit avec l’encart, pas à l’affichage. Cela ressemble au CPC, avec une différence de nature — l’interaction se produit à l’intérieur d’une conversation déjà engagée, pas au début d’une recherche.

Le ciblage change de nature

C’est la partie que les équipes SEA doivent regarder de près, parce qu’elle ne se transpose pas.

Il n’y a pas de mot-clé. Le ciblage est contextuel : il s’appuie sur le sujet de la conversation en cours, l’historique des échanges et les interactions publicitaires passées. On ne cible plus une requête, on cible un moment dans un raisonnement.

Trois différences pratiques avec Google Ads :

  1. Plus de volume de recherche à consulter avant d’acheter. Les outils de planification par mot-clé n’ont pas d’équivalent ici. On construit sur des hypothèses de sujets, pas sur des volumes mesurés.
  2. L’intention est plus riche mais moins lisible. Un utilisateur qui a passé dix messages à comparer des solutions est très qualifié — sans avoir jamais tapé la requête commerciale qui l’aurait révélé dans un compte Google Ads.
  3. L’attribution est plus difficile. Une conversation de vingt minutes qui se termine par une visite sur votre site ressemble, dans vos rapports, à du trafic direct.

La publicité ne permet pas d’acheter sa place dans une réponse. Elle permet d’acheter une place à côté.

— Robazin/

Côté Google : AI Max et les annonces dans l’AI Mode

Google n’a pas attendu. Les annonces s’affichent désormais dans les AI Overviews et dans l’AI Mode, c’est-à-dire au-dessus et parfois à la place de la page de résultats classique. L’inventaire publicitaire suit l’attention là où elle se déplace.

Le pendant côté achat s’appelle AI Max : un mode de campagne où l’appariement requête-annonce et la génération des créations sont confiés au modèle plutôt qu’à des listes de mots-clés. Google revendique +14 % de conversions en moyenne à CPA ou ROAS constant.

Notre lecture, après plusieurs mois de tests sur des comptes clients : le gain est réel, et il a un prix. Vous cédez du contrôle sur le ciblage et sur les créations, donc de la lisibilité sur ce qui produit la performance. Sur un compte structuré, avec des conversions correctement remontées, l’arbitrage est favorable. Sur un compte au suivi approximatif, l’automatisation optimise vers le mauvais signal, plus vite qu’avant.

Une donnée à garder en tête, tirée de la même série d’études que notre analyse des chiffres 2026 : être cité comme source dans un AI Overview augmente les clics payants associés de +91 %. Organique et payant cessent d’être deux silos. La citation organique fait baisser le coût d’acquisition du payant.

Ce que la publicité n’achète pas

Voilà le point où nous voyons le plus d’erreurs de raisonnement, en général formulées ainsi : « si on peut acheter de la visibilité dans ChatGPT, le GEO devient inutile ».

C’est l’inverse. Les deux surfaces ne se substituent pas :

  • La publicité achète un encart. La citation achète une recommandation. Quand un modèle vous nomme dans sa réponse, il vous adosse à son autorité. Un encart publicitaire, non — et l’utilisateur fait parfaitement la différence.
  • La publicité ne modifie pas ce que le modèle sait de vous. Aucun budget ne fait apparaître votre marque dans une réponse à « quelle agence pour un audit GEO ». Ce que le modèle sait de vous vient de ce qui est écrit sur le web, et rien d’autre.
  • La publicité s’arrête quand le budget s’arrête. La connaissance qu’un modèle a de votre marque, non.
  • Une grande partie de vos prospects B2B ne verra jamais ces publicités, puisqu’ils sont sur des paliers payants. Sur une cible professionnelle, l’inventaire ChatGPT couvre une fraction seulement de votre audience.

Le problème de la mesure

C’est le sujet dont les annonceurs parlent le moins, et celui qui décidera en pratique de la place que ce canal prendra dans les budgets.

Une conversation dans ChatGPT est une boîte noire. L’utilisateur peut voir un encart, ne pas cliquer, poursuivre son échange, et venir chez vous trois jours plus tard en tapant votre nom dans Google. Dans vos rapports, cette conversion s’affichera en trafic de marque ou en direct. La publicité qui l’a déclenchée n’apparaîtra nulle part.

Trois contournements, aucun satisfaisant :

  • Mesurer l’effet sur la recherche de marque. Coupez, relancez, et regardez si le volume de requêtes sur votre nom suit la courbe de dépense avec quelques jours de décalage. C’est grossier ; c’est le signal le plus honnête dont nous disposions aujourd’hui.
  • Segmenter le trafic direct. Une hausse du direct concomitante d’une campagne, concentrée sur les pages concernées, en dit plus qu’une ligne d’attribution fabriquée.
  • Demander. Une question « comment nous avez-vous connus ? » dans le formulaire coûte presque rien et redevient, dans un monde d’attribution dégradée, une source d’information sérieuse.

Tant que ces trois contournements constituent le meilleur outillage disponible, piloter ChatGPT Ads au ROAS est prématuré. C’est une raison de plus de le budgéter comme un test.

Notre lecture pour un budget d’acquisition en 2026

Ce que nous recommandons aujourd’hui, et qui vaut ce que vaut une recommandation à six mois d’existence d’un canal.

Tester ChatGPT Ads, en budget de test. Le minimum d’engagement a sauté, le format est neuf, et les coûts d’un inventaire jeune sont rarement aussi bas ensuite. Mais il faut le traiter comme de l’expérimentation, pas comme un pilier : ni les outils de mesure, ni les repères de performance n’existent encore.

Activer AI Max là où le suivi de conversion est propre, et nulle part ailleurs. L’automatisation amplifie la qualité de votre signal, dans les deux sens.

Ne pas déplacer un euro depuis l’organique. C’est la conclusion la moins spectaculaire, et celle dont nous sommes le plus certains. Le travail de GEO et de marque alimente ce que les modèles savent de vous — ce qu’aucun budget média ne peut acheter — et il fait baisser le coût de vos clics payants au passage.

Il y a une raison plus simple, au fond. Un utilisateur qui pose une question à un assistant cherche une réponse, pas une offre. La publicité peut se placer à côté de cette réponse ; elle ne peut pas la remplacer. Tant que la ligne de mire reste ce que la personne est venue chercher, l’ordre des priorités est clair — et il n’a pas changé.